03/08/2007

Les maîtres du maître

Les disciples d'un maître Soufi lui demandèrent un jour : "Qui fut ton maître à toi?" Le maître répondit : "Je n'ai pas eu un seul maître mais les milliers et il faudrait trop de temps pour seulement vous dire leur nom ; mais de trois en particulier je veux bien vous parler.

"Je m'étais perdu dans le désert et j'arrivai un soir très tard dans un village. Je vis un homme qui essayait de faire un trou dans le mur d'une maison. Je m'approchai et lui demandai où je pourrais passer la nuit. 

"Tout est fermé à cette heure-ci, mais si ça ne t'ennuie pas d'habiter chez un voleur, tu peux venir chez moi."

Et je restai tout un mois chez lui. Chaque soir, il me disait : "Maintenant, je pars travailler. Tu peux prier et te reposer." Et chaque matin quand il rentrait je lui demandais : "Alors, tu as pu avoir quelque chose?" Et il me répondait chaque matin la même chose.

"Non, pas cette nuit. Mais la nuit prochaine peut-être, si dieu le veut."

Grâce à lui, même quand tout espoir semble perdu et que je n'ai aucune réponse du ciel, j'ai appris à ne jamais me décourager.

Mon second maître fut un chien. J'étais allé au bord du lac pour boire car j'avais très soif, puis un chien est arrivé. Lui aussi avait soif. Quand il s'est penché sur l'eau il a aperçu un autre chien – son propre reflet – et il a eu peur. Il aboya et recula mais il avait si soif qu'il y revenait chaque fois. Puis la soif eut raison de lui. Il se lança dans l'eau et ... l'autre chien disparu.

Et j'ai su qu'à travers lui j'avais reçu un message du ciel me disant que nos peurs sont le plus souvent des illusions et il suffit de se lancer pour les dissiper.

Mon troisième maître fut un enfant. Alors que j'arrivais dans un village, je croisai un enfant qui traversait la place du village en protégeant de sa main une bougie allumée. Pour m'amuser je lui demandai :

"C'est toi qui a allumé cette bougie?" "Oui" "A un moment, la bougie n'avait pas de flamme, puis elle a eu une flamme. Peux-tu me montrer d'où vient la flamme?"

L'enfant se mit à rire, souffla la bougie et me dit :

"Maintenant tu as vu la flamme disparaître. Dis-moi? Où est-elle allée?

Mon égo en fut secoué. En cet instant je me rendis compte de ma propre stupidité. Depuis, j'ai laissé de côté toutes les connaissances livresques.

Je n'ai donc pas eu un seul maître, mais des milliers de maîtres. Un maître peut t'apprendre à apprendre, ensuite c'est la vie entière et chaque circonstance qui t'apprend ce qu'il faut savoir. Le maître est la piscine où tu apprends à nager. Une fois que tu sais nager, tous les océans sont à toi.

(OSHO - The secret of secrets)

                                    Christine en arabe

03:34 Écrit par Chris47 dans Meditations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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